Nos jeunes en mode "survie"

Publié le 3 juin 2026 à 22:37

Dans les grandes villes, à l'école, nos jeunes font face à toute sortes de violences au quotidien, verbale, psychologique, physique etc. ... Mais quand la violence provient de l'autorité de l'état, il y a un sentiment d'injustice qui naît au fond d'eux, ce qui les amène à haïr cette autorité, à ne plus la respecter... Contrôles d'identité répétitifs, délit de faciès, jugement de par la façon dont ils s'habillent. C'est un cercle vicieux qui s'insinue depuis longtemps dans notre société ...

Je ne parle pas des vrais délinquants, mais des jeunes, qui veulent s'habiller comme tous les autres : jogging, baskets, casquette, sac banane ou sacoche... Car il faut comprendre que c'est également un mécanisme de défense, l'habit ne fait pas le moine certes ... Mais dans leur monde, il y a des codes, et si on ne veut pas être mangé tout cru, il faut ruser et utiliser tous les stratagèmes possibles afin de ne pas être une "victime". 

En tant que maman d'un adolescent qui fait ses études sur Paris, j'ai souvent été en désaccord avec sa façon de s'habiller, ou de s'exprimer avec ses amis (même s'il est toujours respectueux en famille et en public), je sais pertinemment qu'il est en mode "survie" à Paris. C'est un rebelle, comme sa maman ! 

Pour avoir un aperçu de ce que vivent ces jeunes, j'avais eu l'occasion de réaliser une vidéo, grâce à ce qu'avaient filmé mon fils et ses amis, lors du blocus de son Lycée les 19 et 21 mars 2025, vidéo ici : https://youtu.be/PBpAvXQnQK4?si=6cjiFO6PvWoUv2dr.

 

Pour vous mettre dans le bain, laissez-moi vous raconter une histoire basée sur des faits réels qu'on m'a confiés, d'un jeune de 17 ans, que nous appellerons Aïden ...

 

Salut, moi c'est Aïden, j'ai 17 ans et je suis au lycée. Je vais vous raconter un truc qui m'est arrivé il y a quelques jours.

J'étais tranquille, je me baladais dans les rues de ma ville. Je vois des potes sur le trottoir d'en face, du coup je traverse pour aller les checker. Sur le trottoir, il y avait plein de voitures garées, dont une voiture de police.

Quelques minutes plus tard, je repars. Je passe derrière leur voiture et là je vois le conducteur me regarder dans son rétro. Au même moment, il commence à reculer alors que je suis juste derrière.

Par réflexe, je crie :

— Wesh !

Et là, tout est parti en couille...

— T'as dit quoi là ? me gueule le flic.

— Ben vous reculez au moment où je passe !

— Y'a un trottoir ! La route c'est pour les voitures !

— Ben y'a pas la place sur le trottoir, les voitures sont garées partout !

J'allais partir mais les flics sont descendus de leur caisse.

— Mets-toi contre le mur !

Je le fais direct parce que je sens que ça peut mal tourner. Ils ont commencé par me fouiller. Puis le policier qui conduisait la voiture est arrivé. Il m'a fouillé une seconde fois, de façon beaucoup plus agressive, en me poussant violemment contre le mur.

— T'es connu, toi ? T'es une salope !

— Non Monsieur, je ne suis pas connu...

Je n'avais jamais rien fait qui puisse m'amener à être connu des services de police.

— Mais si, t'es connu ! T'as une pièce d'identité ?

— J'ai mon permis.

— Alors donne-moi ton putain de permis !

J'ai coopéré et je le lui ai tendu.

Quelques secondes plus tard, il voit bien que je suis pas fiché et que j'ai rien à me reprocher.

Ça a même l'air de l'énerver encore plus.

— T'as quelque chose sur toi, hein, p'tite pute ?

Il parlait visiblement de drogue ou d'une arme.

— Non Monsieur, je n'ai rien.

— Fais voir ta sacoche !

Sans même me laisser l'enlever, il a attrapé ma sacoche qui était dans mon dos et a tiré brutalement dessus. La lanière a failli m'étrangler. Il fouille dedans mais trouve rien.

— Tu traînes ici la nuit, hein, p'tite salope ?

— Non. La nuit je dors. Pourquoi vous me parlez comme ça ? Pourquoi vous m'insultez ? J'ai rien fait. Moi je vous parle normalement.

Là, il s'approche à deux centimètres de mon visage.

— Viens ici la nuit, tu verras p'tite salope, ça se passera autrement pour toi.

À ce moment-là, j'étais en train de trembler tellement j'étais sous pression.

Le flic continue de me hurler dessus :

— T'as peur hein ! T'as peur ! Allez viens ici la nuit, tu verras ce qui va t'arriver !

— Non, j'ai pas peur !

Il me pousse encore violemment contre le mur, puis il me balance :

— Allez dégage !

Je suis parti sans rien dire…

J'étais dégoûté. J'avais la rage et la boule au ventre en même temps. Franchement, j'estime avoir eu de la chance parce que j'avais peur qu'ils me frappent ou qu'ils me gazent à la fin. Ils font souvent ça les flics. C'est déjà arrivé à certains de mes potes lors d'un simple contrôle.

Je pensais à ma mère. Elle aurait complètement paniqué si elle avait vu ça.

Et mon père... lui, il me dirait sûrement que j'aurais dû fermer ma gueule dès le début. De toute façon, on se comprend jamais tous les deux.

Ça arrive tous les jours ce genre de trucs,  j'vous jure ... Vous pouvez pas imaginer.  Et ça date pas d'hier, ce genre de flics ça nous fait pas les aimer... et pourtant ... On a besoin d'eux. 

Arrêtez s'il vous plait. J'essaie juste de grandir ... J'essaie juste de me construire ... 

 

Nos jeunes ne méritent pas ça, il faut que cela change, et nous oeuvrons pour que leur futur soit meilleur, qu'ils aient d'autres perspectives, qu'ils ne soient plus obligés d'être en mode "survie", que ce monde cesse d'être une jungle pour eux, où s'ils ne montrent pas les crocs, ils se font dévorer. 

C'est à nous d'éduquer nos enfants et de leur apprendre la compassion, le respect, l'empathie ... Pour éviter de construire d'autres policiers enragés par exemple ... Ou éviter que nos jeunes dévient du droit chemin.... 

C'est une tâche difficile, mais il ne faut rien lâcher ... 

Mon deuxième fils, est en CM1, et la moitié des enfants de sa classe possèdent déjà un téléphone portable. Et les parents n'ont aucun contrôle. C'est là que le téléphone devient l'éducateur de l'enfant et c'est dangereux... Attention, je ne prive pas mon fils d'écrans, il n'a pas de téléphone, mais on contrôle tout : ce à quoi il joue, ce qu'il regarde à la télé, le temps passé sur les écrans etc. ...  Je sais que je ne suis pas la seule et qu'il y a beaucoup d'autres parents qui font pareil que nous, d'ailleurs laissez-moi votre témoignage dans les commentaires :) 

Nous allons y arriver, le monde change, même si l'on ne voit pas ce qu'il se passe en surface, tout est en train de changer et un merveilleux futur attend nos enfants !

 

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Commentaires

Florence
il y a un mois

C’est fort à propos aujourd’hui Stef. Nous avons les forces de l’ordre ! Et non plus les gardiens de la paix… Sont ils à bout avec la recrudescence du vandalisme ? Quand on voit l’agitation après la Ligue des Champions ! ou leur recrutement n’est pas fondamentalement basé sur des valeurs humaines de protection des citoyens. En tout cas, ce n’est pas qu’en France mais partout en occident… La volonté politique de l’état profond, c’est détruire. Mais je suis positive. Ces jeunes sont nés pour apprendre de cela et vont ensuite créer une base solide pour la génération qui suit… avec notre aide. Le Plan est parfait. Merci pour ton partage. Ayons Foi en l’avenir 💕🌈🥰

Catherine sezille
il y a un mois

Tout débute de l’éducation qu’elle soit parentale ou scolaire. A ce propos, dans ce futur qui arrive, plus d’écoles, plus de centres de formatage. Apprendre au plus tôt, la spiritualité, le respect de toutes vues, l’unicité.
Les enfants et ados sont des proies faciles pour ce monde actuel factice, malheureusement.

Jalila
il y a un mois

J'ai travaillé pendant 30 ans avec les jeunes de Paris et venus du monde entier se réfugier dans la Capitale et j'ai vu les choses se dégrader dans tous les secteurs ... Nous allons être présents lors de la Reconstruction de ce Pays... Toute l'éducation est à reprendre et aussi celle des parents qui ont baissé souvent les bras... Koldas sera un modèle et Terra Nova doit l'inclure dans le projet... Stéphanie nous serons là pour ça...! Avec toi par le ❤️ dans cet accompagnement de tes enfants! Jalila I'Rné Ynu

Leray
il y a un mois

Coucou, je ne suis pas étonnée de voir ce qu'a vécu le jeune puisque l'Etat recrute les fururs policiers à moins de 10/20 pour oouvoir les formater. Il nous faut reprendre tout en main.
Quelle France !!! Bises. AGNES